L'ALLAITEMENT | Mon expérience

19:00

Encore et toujours, je reviens comme une fleur après une pause phénoménale ! Suite à l'arrivée de notre fils dans nos vies, je n'ai pas ressenti le besoin de poster ici. Mais aujourd'hui, quasiment 9 mois après sa naissance j'ai eu envie de partager un sujet qui me tenait particulièrement à coeur : l'allaitement. J'en ai parlé quelques fois sur les réseaux, surtout sur Instagram d'ailleurs et si vous me suivez vous n'êtes pas sans savoir que j'avais pris la décision d'allaiter mon fils, et que tout ne s'est pas passé comme prévu... Laissez-moi vous raconter MON histoire et MON ressenti face à cette expérience riche en émotion.



L'avant allaitement


Il était pour moi comme une évidence d'allaiter mon enfant. Avant même d'être enceinte ou de vouloir un bébé, je le savais. Ma mère nous a allaité mes frères et moi, des mois durant. Je l'ai toujours su et j'ai toujours voulu en faire de même. Nous savons tous que l'allaitement est la meilleure chose qui soit pour un nourrisson, et je voulais le meilleur pour mon enfant quoiqu'il arrive. Cette idée intégrait l'allaitement, c'était sûr. Alors quand j'ai su que j'allais avoir un bébé, la question ne s'est pas posée. J'allais allaiter et en être fière. Je mettais fixée une durée d'allaitement exclusif jusqu'à ses 6 mois minimum, jusqu'à ma reprise du travail environ. J'avais également pris la décision de poser un congé parental de 6 mois pour justement pouvoir nourrir mon enfant sans aucune contrainte, sans restriction. Je n'étais absolument pas inquiète à l'idée d'allaiter et j'étais certaine que tout se passerait comme sur des roulettes. Aussi bien que je n'avais pas acheter de biberons, pas de goupillon, pas de chauffe-biberon, pas de lait en poudre "au cas ou". Dans mon esprit tout allait bien se passer et il ne pouvait pas en être autrement.


Les débuts à la maternité


Enfin j'accouche par voie basse, notre fils est enfin là avec 4 semaines d'avance, le 12 juillet 2018. Tout s'est très bien passé malgré un travail épuisant et long de plus de 24h. Nous essayons dans les minutes qui suivent la fameuse et tant attendue tétée d'accueil. Il trouve mon sein et le touche à peine, il ne l'a pas tété. Bon, ce n'est pas grave, je n'ai pas encore ressenti de montée de lait, c'est peut être normal. La nuit se passe et bébé dort beaucoup sans se réveiller, ou à peine, comme tous les nouveaux nés. Le lendemain, les sage-femmes passent et me conseillent au mieux pour activer mes premières montées de lait. On essaie toutes les positions possibles, toutes les techniques imaginables avec les aides soignantes pro allaitement pour réussir cette étape. Mais à la fin de la première journée, mon fils tétait uniquement "dans le vide". Rien de ne passait et il ne faisait que me pincer, ne tirait rien. Les douleurs sont très rapidement apparues et la crème Lanoline Lansinoh est très vite devenue mon alliée. Le surlendemain de l'accouchement, une sage-femme m'a conseillé de tirer mon lait car rien ne s'était passé malgré les 10aines d'essais, toujours pas de montées et un bébé qui perdait du poids à une vitesse fulgurante. J'ai accepté avec énormément de regrets, c'était comme si j'avais déjà perdu la bataille à même pas 3 jours après l'accouchement. Mais il le fallait pour mon fils. Je commence accompagnée d'une SF, j'arrive à tirer mon colostrum (enfin!), il y en avait tellement peu qui nous lui avons donné avec une toute petite pipette... Mais peu importe, mon fils venait de prendre la meilleure potion magique de tout l'univers. C'est à ce moment que je me suis dis que mon corps fonctionnait et qu'il n'y avait pas de raison que je n'y arrive pas. Quelques heures plus tard, j'ai senti les montées de lait arriver et j'ai immédiatement remis mon fils au seins. Sans succès. Il continuait de me pincer sans presque jamais tirer. Nous avons donc du lui donner un complément de lait en poudre pour qu'il puisse enfin boire quelque chose et reprendre du poids. Les émotions commençaient à m'envahir et la désillusion, elle, commençait à prendre beaucoup de place. En plus du lait en poudre, je réussissais à tirer quelques millilitre de lait maternel (10ml, puis 15ml, puis 20ml...), j'étais fière de moi mais en même temps tellement malheureuse de ne pas pouvoir partager ces moments avec mon fils, qui n'arrivait pas à prendre le sein sans me faire horriblement souffrir, et sans boire quelques gorgées. Les derniers jours à la maternité se sont déroulées de cette manière : je tirai mon lait (le peu que je pouvais en obtenir) et nous complétions avec du lait en poudre.


Le retour à la maison


Comme évoqué précédemment, je n'avais rien prévu pour nourrir mon fils autre qu'aux seins. Arrivée à la maison, je me suis empressée de filer à la pharmacie pour retirer le tire lait que j'avais mis de coté (heureusement qu'ils avaient le même qu'à la maternité, je connais le matos, donc moins de stress donc mon corps qui était déjà prêt à exploser) et acheter le même lait que celui donné à la maternité, ainsi que des biberons. Enorme source d'angoisse pour moi qui ne mettait absolument pas renseignée sur ce qui pouvait être le mieux pour mon enfant, donner du lait en poudre, donner le biberon était autrefois une éventualité que je n'avais pas envisagée, ce n'était pas dans mes plans. Les jours passent, je tire mon lait 5 à 6 fois par jour, puis je donne du lait infantile pour compléter chaque biberon car j'ai réellement très très peu de lait par moi-même. Au mieux j'arrive à tirer 90ml, mais ce record n'arrivent qu'une fois dans la journée, et autant que le restant que j'arrive à produire n'est clairement pas suffisant pour nourrir mon fils. Avant chaque tirage, j'essaie de donner le sein. Mais mon fils me mord, me pince, tire à m'en faire saigner et souffrir davantage. Je redoute maintenant ce moment où je sais que je vais avoir mal et que je vais devoir serrer les dents pour peut être, faire un sorte qu'à un moment donné ça fonctionne, qu'il réussisse enfin à prendre le sein "correctement". Il a pourtant réussi, 4 ou 5 fois à boire un peu directement au sein. J'étais émue de le voir enfin avec mon propre lait dans sa bouche, ce contact direct entre nous, le pouvoir du corps humain dans toute sa splendeur. Depuis le temps que j'attendais ça... Mais n'a pas duré. 2 semaines après notre retour à la maison, nous avons consulté une SF spécialisée en allaitement pour essayer de comprendre, de faire au mieux, et si possible d'inverser la tendance. Elle me dit que je fais déjà le maximum, le mettre au sein avant, et si ça ne marche pas, tirer mon lait et lui donner. Elle me conseille aussi de tirer encore plus souvent mon lait, de passer à 7 fois par jour et aussi la nuit. J'étais déjà exténuée mais j'allais y arriver. Les jours suivants j'ai suivi ses conseils et tiré encore plus souvent, et essayé de le mettre au sein encore plus souvent. Je ne comprenais pas pourquoi ça ne marchait pas, pourquoi "tout le monde y arrive et pas moi" que "c'est pourtant la nature". Mais mon bébé n'y arrivait pas. Est-ce mon corps, mes seins qui posaient problème ? Je commence à me résoudre à cette idée et d'accepter que mon désire d'allaitement ne sera probablement pas comblé. A 1 mois, j'ai arrêté de tenter les tétés aux seins. J'avais trop mal, le moindre contact, même d'un vêtement, me faisait frissonner de douleur. Les embouts en silicone n'ont été d'aucune utilité pour nous. J'ai tenu ainsi pendant 1 mois et demi au total depuis sa naissance, à tirer mon lait pour lui donner et en complétant avec du lait en poudre. Au bout de ce mois et demi, mes montées de lait se sont stoppées sans le voir, naturellement, involontairement. Ce jour a alors sonné le glas de cet allaitement raté.




Le bilan


J'ai eu énormément de mal a accepter cette défaite. J'y pensais sans arrêt et me repassait le film de ce mois écoulé en essayant de comprendre ce qui a bien pu clocher pour que ça foire autant. Mais avec le temps j'ai réussi à me faire une raison. Cet allaitement me tenait tellement à coeur que ne pas y arriver m'est carrément monté à la tête. J'en étais devenue obsédée, je VOULAIS que ça fonctionne. Malheureusement mon corps et la situation en ont décidé autrement. Je suis aujourd'hui plus sereine et beaucoup moins exigeante envers moi-même. Si ça n'a pas marché, c'est que ça devait se passer ainsi. J'aurais néanmoins réussi à donner les 3/4 du temps mon lait à mon fils jusqu'à ce que je n'en ai plus. Je me dis que j'ai fait le maximum et que si je devais recommencer, je ferai exactement la même chose.

Ceci était mon histoire avec l'allaitement.

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1 commentaires

  1. Je n'ai pas souhaité allaiter mais je comprends que tu en ai eu l'envie. Tu a été très courageuse d'essayer autant de temps malgré les douleurs etc..
    Tu es une super maman ! ♡

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À PROPOS

Delphine, 27 ans, maman, adepte du portage, motarde, bassiste, apprentie guitariste et totalement accro aux tatouages. Chef de projets dans l'industrie nucléaire. Lire plus...

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